Comment fonctionne une climatisation
Une climatisation ne fabrique pas de froid. Le froid n'existe pas : il n'y a que de la chaleur, et des endroits où il y en a moins. Elle déplace des calories, c'est tout.
Le froid n'existe pas
C'est le point de départ, et il déroute souvent. Il n'y a pas de « froid » qu'on
pourrait fabriquer et souffler dans une pièce. Il n'y a que de la chaleur — des
calories — et des endroits où il y en a plus ou moins.
Rafraîchir une pièce, c'est donc lui retirer des calories. Pas en ajouter du
froid.
Un réfrigérateur retourné
Vous avez déjà l'appareil chez vous. Votre réfrigérateur prend les calories de
vos aliments et les rejette derrière lui. Passez la main derrière : la grille est
tiède, parfois chaude. Ce sont les calories de votre bouteille de lait qui
sortent par là.
Une climatisation est un réfrigérateur dont l'intérieur serait votre salon et
l'arrière, votre façade. L'unité murale joue le rôle des clayettes : elle
capte les calories de la pièce. Le groupe extérieur joue celui de la grille
arrière : il les rejette dehors.
Le cycle, en quatre temps
Un fluide circule en boucle entre les deux unités. Il change d'état en
permanence, et c'est ce changement qui transporte les calories.
1. Il capte. À l'intérieur de l'unité murale, le fluide est très froid — plus
froid que votre pièce. Les calories de l'air passent naturellement dans le
fluide, comme elles vont toujours du plus chaud vers le plus froid.
2. Il comprime. Le compresseur, dans le groupe extérieur, écrase ce fluide.
Comprimer un gaz le fait monter en température : c'est le même phénomène que la
pompe à vélo qui chauffe quand on gonfle un pneu. Le fluide devient plus chaud
que l'air du dehors.
3. Il cède. Devenu brûlant, il rencontre l'air extérieur, plus frais que lui.
Il lui cède ses calories et refroidit à son tour.
4. Il se détend. Un détendeur relâche la pression. Le fluide redevient
glacial — comme une bombe aérosol qui givre en se vidant — et il repart capter
des calories dans votre salon.
Ce cycle tourne des milliers de fois par jour. **Seule l'étape 2 consomme de
l'électricité** : écraser le fluide. Les calories, elles, ne coûtent rien — on
les déplace simplement.
Ce que cela implique, et qu'on dit rarement
Une climatisation réchauffe la rue. Les calories retirées de votre salon ne
disparaissent pas : elles sont déposées dehors, plus celles consommées par le
compresseur. À l'échelle d'un quartier entier climatisé, l'effet sur la
température extérieure est mesurable.
Elle assèche l'air. En refroidissant, elle condense l'humidité — d'où le
tuyau d'évacuation. C'est souvent ce qui provoque la sensation de gorge sèche,
plus que la température elle-même.
Elle contient un fluide frigorigène. Au-delà d'une certaine quantité, un
contrôle d'étanchéité périodique est obligatoire. Ces fluides ont un fort
pouvoir de réchauffement s'ils s'échappent : c'est ce qui justifie la
réglementation, et le coût de l'entretien.
Avant de climatiser
Une climatisation traite un symptôme. Si votre logement surchauffe parce qu'il
est sous les toits mal isolés, ou parce que le soleil entre sans obstacle par
une grande baie sud, **agir sur la cause coûte souvent moins cher et fonctionne
mieux**.
Des volets extérieurs, un store banne ou une isolation de combles réduisent les
apports avant qu'ils n'entrent. Une climatisation, elle, les évacue après —
c'est-à-dire une fois qu'ils vous ont déjà chauffé, et en payant de
l'électricité pour cela.
Nous le disons parce que c'est vrai, et parce que personne ne gagne rien à vous
vendre des volets.
Les textes
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